Another Europe is possible

Access to banking services

01/02/2013

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Access to banking services: Jürgen Klute

1/02/13
The Parliament Magazine

Guaranteeing access to banking services is a concrete solution for reconnecting excluded citizens, argues Jürgen Klute

Can you imagine a bank refusing to open you a bank account? Well, you probably can’t and neither can the vast majority of consumers living in the European Union. Nevertheless, millions of EU citizens have actually seen banks refusing to accept them as their costumers. Others do not even dare to ask for the opening of an account.

The European commission has provided member states and co-legislators with detailed evidence on the topic. Since 2009, the commission has consulted member states and stakeholders three times. Both commission and parliament have hosted several hearings, they have ordered studies and impact assessments and almost anybody in Europe working on the topic finally agrees that individual access to a bank account must be guaranteed to any consumer living in the European Union.

While awareness has been successfully raised, we have, at the same time, lost more than three years acting to prevent banks from excluding people from a basic and everyday service. Therefore, last July, an overwhelming majority of 585 MEPs, with only 68 against, have called upon the commission to prioritise the needs of excluded people and to come forward with a legislative initiative on access to basic bank accounts by January 2013.

In the upcoming year, we will continue to see a large number of member states – ordinary people as well as financial institutions – struggling against the effects of the crisis. Considerable work has already been done in the fight against the crisis and we have seen the European central bank, the commission, and European, as well as national, parliaments activating billions of euros and delivering on all sorts of reforms at the shortest delays.

Still, the employment and social development report recently published by the European commission proves that poverty and social disparities in Europe are on the rise. Evidence increasingly shows that the union is entering a genuine social crisis. There is some reason to question if the union has chosen the right approach to solve its economic crisis.

Access to bank accounts is a problem highly linked to poverty and social exclusion, as well as to rural development. It is, in a large part, people experiencing problems of over-indebtedness who see themselves denied standard payment services. While in Ireland and Spain, it is common knowledge that behind the banking crisis, you have millions of consumers not being able to pay back their mortgages, it is hard to conceive that EU leaders seem to care so little about the fight against over-indebtedness and about concrete solutions to help those people back to a normal life.

Several years ago, a commission survey estimated that 30 million EU citizens are excluded from banking services. Taking into account the harsh effects of the crisis, these numbers are certainly outdated and likely modest. Current figures provided by national consumer debt advice organisations tell us that, in Greece, one in five consumers is more than three months behind on mortgage payments. Among these are dismissed employees, precarious micro-entrepreneurs, as well as civil servants and retired people suddenly confronted with delicate cuts in wages or pensions.

We are seeing well educated, middle class people confronted with social humiliations that they have not been prepared for. And we also see thousands of young Portuguese, Irish or Greeks looking at leaving their countries in the hope of better prospects in Germany, Austria or England – member states that, by the way, have still not implemented any legal right to open a bank account.

The answer to the European social crisis must be multi-faceted. Establishing a union-wide guarantee on the ability to hold a payments account can only be one instrument among many others to establish inclusive social economies. It would, however, be a relatively simple as well as affordable measure that could quickly and effectively open a door to proper housing, to energy and communication services as well as to reintegration into the regular labour market or education.

When it comes to access to basic payment services, policymakers should bear in mind that banks have a responsibility towards society that they should actually serve. If Europe does not want the internal market to be left incomplete, the informal economy to broaden, social regression to become a persistent trend and for citizens to lose faith in the European project, then we need to focus on both the small and the ambitious measures that can develop a truly inclusive economy and prevent Europeans from facing a lost decade.

Jürgen Klute is parliament's rapporteur on access to basic banking services

http://www.theparliament.com/latest-news/article/newsarticle/access-to-banking-services-juergen-klute/#.UTSfsRlmE7A

 

FR
Misons sur l’accès aux services bancaires par Jürgen Klute

1/02/13
Trombinoscope

Pouvez-vous imaginer qu’une banque refuse de vous ouvrir un compte bancaire ? Probablement pas, tout comme la grande majorité des consommateurs vivant au sein de l’Union européenne (UE). Toutefois, des millions de citoyens de l’UE sont confrontés au refus de banques qui ne souhaitent pas les compter parmi leurs clients. D’autres n’osent même pas demander l’ouverture d’un compte.

La Commission européenne a fourni aux États membres et aux colégislateurs des informations détaillées sur le sujet. Depuis 2009, la Commission a consulté les États membres et les parties prenantes à trois reprises. La Commission et le Parlement ont organisé plusieurs auditions, ils ont commandé des études, des analyses d’impact et presque tous ceux qui, en Europe, travaillent sur ce dossier s’accordent à dire que l’accès individuel à un compte bancaire doit être garanti à tout consommateur vivant dans l’Union européenne. Même si ce dossier a fait l’objet de campagnes de sensibilisation réussies, plus de trois années ont été perdues, sans que les banques se voient interdire le droit de refuser à des citoyens un service quotidien de base. Par conséquent, en juillet dernier, une majorité écrasante de 585 eurodéputés, avec seulement 68 voix contre, a appelé la Commission à faire des besoins des citoyens exclus une priorité et à présenter une initiative législative sur l’accès aux comptes bancaires de base avant janvier 2013.

Au cours de l’année à venir, un grand nombre d’États membres (que ce soit la population ou les institutions financières) peineront encore à combattre les effets de la crise. Un travail considérable a déjà été réalisé dans la lutte contre la crise et nous avons vu la Banque centrale européenne, la Commission et le Parlement européen, tout comme les Parlements nationaux, débloquer des milliards d’euros et mener toutes sortes de réformes dans les délais les plus courts. Malgré cela, le rapport sur l’emploi et le développement social récemment publié par la Commission européenne prouve que la pauvreté et les disparités sociales sont en progression en Europe. Il est de plus en plus clair que l’Union est en proie à une réelle crise sociale. Il convient de se demander si l’Union a choisi la bonne approche pour résoudre sa crise économique.

L’accès aux comptes bancaires est un problème hautement lié à la pauvreté et à l’exclusion sociale, ainsi qu’au développement rural. Ce sont en grande partie les personnes confrontées à des problèmes de surendettement qui se voient refuser des services de paiement standard. Si en Irlande et en Espagne il est de notoriété publique que la crise bancaire découle de la situation de millions de consommateurs incapables de rembourser leurs prêts hypothécaires, il est difficile de concevoir que les dirigeants européens semblent si peu se préoccuper de lutter contre le surendettement et de trouver des solutions concrètes pour aider ces personnes à retrouver une vie normale. Il y a plusieurs années, un sondage de la Commission révélait qu’environ 30 millions de citoyens européens étaient exclus des services bancaires. Étant donnés les effets de la crise, ce nombre devrait sans doute être revu à la hausse. Les chiffres actuels issus des organisations nationales de médiation de dettes nous disent qu’en Grèce, un consommateur sur cinq enregistre plus de trois mois de retard dans ses remboursements hypothécaires. Parmi ces personnes se retrouvent des employés licenciés, des micro-entrepreneurs en situation précaire, ainsi que des fonctionnaires et des retraités soudainement obligés de faire face à des réductions de salaires ou de retraites. Des personnes éduquées de la classe moyenne sont confrontées à des humiliations sociales auxquelles elles n’étaient pas préparées. Des milliers de jeunes Portugais, Irlandais et Grecs envisagent de quitter leur pays dans l’espoir de meilleures perspectives en Allemagne, en Autriche ou en Angleterre, des États membres qui, ceci dit en passant, n’appliquent toujours pas le droit à l’ouverture d’un compte bancaire.

La réponse à la crise sociale européenne doit comporter plusieurs facettes. Garantir à l’échelle de l’UE la capacité de détenir un compte de paiement ne peut être qu’un instrument parmi de nombreux autres pour mettre en place des économies sociales inclusives. Cette mesure serait toutefois relativement abordable et simple à mettre en oeuvre, et pourrait rapidement et efficacement ouvrir la voie à des hébergements corrects, aux services énergétiques et de communication, ainsi qu’à la réintégration sur le marché du travail ou dans le système d’enseignement. Lorsqu’il s’agit de la question de l’accès aux services de paiement de base, les dirigeants politiques devraient garder à l’esprit que les banques ont une responsabilité envers la société qu’elles sont supposées servir. Si l’Europe ne souhaite pas aboutir que le marché intérieur reste incomplet, que l’économie parallèle se développe, que la régression sociale devienne une tendance persistante et que les citoyens perdent leur foi dans le projet européen, nous devons nous concentrer sur des mesures à la fois modestes et ambitieuses visant à développer une réelle économie inclusive et à éviter aux Européens une décennie perdue.

http://www.trombinoscope.com/telechargement/Revues/168/Klute.pdf

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