Another Europe is possible

Journées d’études du GUE/NGL, Islande, du 2 au 5 mai 2011

19/05/2011

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Journées d’études du GUE/NGL, Islande, du 2 au 5 mai 2011

 

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Session 1:
La dimension arctique

 

Après avoir décrit la situation à laquelle le gouvernement islandais est actuellement confrontée au lendemain de l’effondrement financier du pays dû au «développement irresponsable et au krach spectaculaire des banques islandaises», Svandis Svavarsdottír, ministre islandaise de l’environnement et députée du mouvement gauche-verts a déclaré, dans son discours d’ouverture des journées d’études du GUE/NGL le 2 mai 2011 à Reykjavik, que «nombreux sont ceux qui considèrent l’exploitation accélérée des ressources naturelles de l’Islande comme étant un moyen rapide de sortir des difficultés économiques».

 

Elle s’est toutefois élevée contre cet avis, soutenant que la leçon à tirer de cette crise et de la récente expansion massive et rapide du développement énergétique et de l’industrie lourde n’est pas que l’utilisation des ressources naturelles conduira aux mêmes résultats, mais «que nous devons veiller à ce que l’utilisation des ressources naturelles conduise à une croissance réelle et durable bénéficiant à la nation dans son ensemble».

«L’accent mis sur les profits rapides et la croissance irresponsable s’est avéré être une impasse. Nous avons besoin d’un véritable développement durable comme vraie philosophie qui sous-tende la prise de décisions».

 

Mme Svavarsdottír a également présenté brièvement les politiques du gouvernement islandais en matière de conservation de la nature, de pêche, de tourisme et d’énergies renouvelables et de changement climatique et concernant la région arctique dans le monde. «Le changement climatique menace de déclencher une crise écologique beaucoup plus difficile à surmonter que l’actuelle crise économique et financière», a-t-elle mis en garde.

Le changement climatique n’est nulle part plus manifeste qu’en Arctique, a-t-elle déclaré, ajoutant que «le changement environnemental a déjà un profond impact sur le transport maritime, le développement des ressources et le mode de vie des peuples autochtones et des autres habitants de l’Arctique».

La ministre a évoqué le travail du Conseil de l’Arctique, lequel «cherche notamment à relever le défi causé par le changement climatique dans le Grand Nord». Elle a précisé que l’Islande ne figurait pas parmi les pays les plus vulnérables au changement climatique, et que ce dernier n’est pas un problème spécifique à l’Arctique mais un problème mondial.

 

Mme Svavarsdottír a conclu en disant que, selon elle, le conflit ne se situait pas entre le développement et l’environnement, mais bien entre le développement durable et l’exploitation rapide, qui permet de réaliser des bénéfices excessifs. Cette dernière est l’idéologie qui a prévalu au cours des dernières décennies dans une grande partie du monde, a-t-elle précisé. «Nous avons vu à quoi cela nous a conduit. Le résultat n’est pas joli à voir. L’avidité n’est pas une bonne chose».

 

Le président du GUE/NGL, Lothar Bisky, a salué la contribution au débat de la ministre et écouté avec intérêt la manière dont le gouvernement islandais faisait face à la situation financière, ainsi que la présentation de ses politiques en matière d’environnement, d’énergie, de pêche et de tourisme et concernant son rôle dans la région arctique.

 

«Nous ne pouvons penser à l’Europe sans penser à la région arctique, car nous sommes tous concernés. Il appartient à l’UE de préserver les espèces et les ressources naturelles de la région. Nous avons le devoir de protéger un environnement qui est encore intact et de ne pas permettre de dommages irréparables, comme cela a été le cas dans l’Union européenne, avec les conséquences désastreuses que l’on connaît».

 

«Le Parlement européen n’a accordé qu’une attention limitée à des questions telles que la recherche de matières premières et d’intérêts géopolitiques et militaires dans la région. Nous espérons contribuer à ce débat grâce à nos discussions,» a-t-il déclaré.

 

 

Guǒfrídur Grétarsdóttir, députée et membre du mouvement gauche-verts, a décrit l’Arctique comme étant le «dernier espace vierge» au monde ayant un rôle significatif à jouer dans la préservation de la biodiversité. Cet espace est également «extrêmement vulnérable et fragile» en termes de pollution. Et d’ajouter que la crise financière mondiale était une crise qui devait être surmontée par tous, mais qu’il existait toutefois sur le long terme un risque latent de crise beaucoup plus grave, celui du changement climatique.

 

«Le changement climatique offre toute une série de nouvelles opportunités,» a-t-elle déclaré en mettant en garde contre la course à l’exploitation des ressources telles que le pétrole et le gaz dans le Grand Nord. Pour contrer cela, il convient d’engager «une coopération afin de garantir que le développement de la région arctique soit durable pour ses ressources naturelles, ses habitants et l’environnement».

 

Le groupe a ensuite écouté Juliane Henningsen, membre du parlement groenlandais issue du parti Inuit Ataqatigit et représentant le groupe nord-atlantique au parlement danois, qui a prévenu que «des changements drastiques s’opéraient en ce moment même», des poids lourds économiques accordant une attention particulière aux ressources pétrolières et gazières pouvant être extraites du fait de la fonte des calottes glaciaires, et aussi parce que cela permettrait de diminuer le coût du transport maritime. «Ces nouvelles opportunités génèrent de nouveaux risques, notamment pour les personnes habitant dans la région arctique. La difficulté consiste maintenant à savoir comment y répondre.»

Mme Henningsen a évoqué la manière dont les terres étaient utilisées à des fins militaires sans aucun contrôle démocratique et a souligné «le droit à l’autodétermination de tous les pays de la région pour toutes les questions militaires et stratégiques».

 

Une explication scientifique a été fournie par Jón Ólafsson, de l’université islandaise des sciences de la terre, concernant le réchauffement de la planète et l’environnement arctique. M. Ólafsson a décrit l’influence des océans Arctique et Atlantique sur le réchauffement climatique, l’acidification progressive de l’océan et les conséquences biologiques et chimiques du piégeage du CO2 dans les océans et a rappelé qu’il était urgent d’agir afin de réduire les émissions de CO2.

 

Jörundur Svavarsson, de l’Institut de biologie de l’université d’Islande, a identifié les menaces actuelles et futures pesant sur l’environnement froid des régions arctique et subarctique, qui incluent notamment les menaces chimiques dues au transport de polluants sur de longues distances par les courants marins et le transport maritime. Il a expliqué que la diminution des calottes glaciaires conduirait à l’ouverture des passages du Nord-Ouest et du Nord-Est à l’exploration pétrolière et au transport maritime. M. Svavarsson a conclu en mettant en garde contre «les conséquences désastreuses pour la région arctique» d’un accident tel que l’immense marée noire qui s’est répandue dans le golfe du Mexique l’an dernier.


Session 2:
Crise économique et financière: politique monétaire et financière avant et après le krach

 

«Nous sommes tous conscients des difficultés auxquelles l’Islande a été confrontée après l’effondrement de son système bancaire et nous nous réjouissons de pouvoir maintenant approfondir ce que nous savons sur les origines de la crise et les moyens mis en œuvre pour en sortir», a déclaré Eva-Britt Svensson, vice-présidente du groupe GUE/NGL, qui présidait la deuxième session des journées d’études du groupe portant sur le thème «Crise économique et financière: politique monétaire et financière avant et après le krach».

 

Parmi les principaux intervenants accueillis par le groupe figurait le ministre islandais des finances et président du mouvement gauche-verts, Steingrímur J. Sigfússon, qui a présenté une vue d’ensemble de la situation politique de l’Islande depuis le début des années 90, en précisant que l’Islande avait été dirigée pendant 18 ans par un gouvernement de droite guidé par une idéologie néolibérale traditionnelle, et a expliqué la manière dont la crise était survenue sous ce gouvernement.

 

Selon lui, «au cours de la période précédant le changement de millénaire, tout allait bien». Ce n’est qu’en 2000, et surtout en 2003, que la situation a commencé à se détériorer, lorsque deux des trois principales banques ont été privatisées et se sont établies à l’étranger et lorsque le gouvernement a réduit les taxes, notamment sur les hauts revenus, relevé le taux des crédits immobiliers et déréglementé le secteur financier. «Tous ces facteurs ont compliqué la gestion économique, si bien qu’en quelques années, notre secteur bancaire représentait 10 fois la taille de l’économie de l’Islande».

 

Le secteur des entreprises a également profité de la situation en s’internationalisant, en investissant et en construisant des empires, notamment dans le secteur de la distribution, au Royaume-Uni et dans d’autres pays européens, «mais tout cela s’est effondré lorsqu’en octobre 2008, le pays a perdu en l’espace de quelques jours 85 % de son secteur bancaire».

 

Il a ensuite expliqué l’urgence avec laquelle son gouvernement a mis en place des mesures et des lois drastiques «afin d’empêcher l’effondrement complet de l’ensemble de l’économie». M. Sigfússon a indiqué que l’Islande n’avait pas tenté de sauver ses banques mais qu’elle «avait lutté contre la crise en établissant de nouvelles banques et en refondant entièrement le système bancaire, en modifiant l’ordre des priorités, en réglant de nombreux problèmes complexes et en maintenant le pays à flot». Il a ensuite ajouté qu’en agissant ainsi, son gouvernement avait réussi à préserver autant que faire se peut le système de protection sociale en tentant de protéger les groupes à faibles revenus.

 

M. Sigfússon a conclu son intervention en signalant les perspectives d’avenir de l’Islande étaient bonnes et que «peu de pays pouvaient en dire autant». La croissance redevient positive, avec des investissements en hausse, une balance des comptes courants positive et la réapparition d’un excédent commercial, des taux d’intérêt plus faibles et la stabilisation du taux de change de la devise dévaluée. «Notre génération de banquiers, d’hommes politiques et de fonctionnaires a le devoir de faire face à cette crise et de résoudre les problèmes maintenant afin de ne pas les léguer à nos enfants et aux générations futures».

 

Les principales conclusions de la commission spéciale d’enquête qui a analysé le processus qui a conduit à l’effondrement des trois principales banques islandaises ont été présentées par Fridrik Már Baldursson. Mise en place en 2009 pour rechercher les causes de cet effondrement, cette commission a remis un an plus tard un «rapport monumental de 2 000 pages» déterminant que la croissance rapide des banques après leur privatisation complète en 2003 était l’une des principales causes de l’effondrement.

 

D’autres conclusions pointaient l’absence de surveillance adéquate, des autorités en sous-effectif ainsi que la taille des banques. «Même si les banques avaient été gérées correctement, le pays était trop petit pour soutenir les banques en cas de crise des liquidités». De l’avis de M. Baldursson, un signe avant-coureur avait déjà laissé présager la crise en 2006, lorsque des problèmes de liquidités, qui furent rapidement résolus, ont affecté temporairement les marchés de capitaux. Or, les banques n’en ont pas tiré les conclusions qui s’imposaient et ont vite renoué avec leurs anciennes pratiques.

 

 

Les conclusions de la commission d’enquête ont en outre révélé que les propriétaires de banque bénéficiaient d’«un accès anormalement aisé» aux facilités de prêt et que les prêts les plus importants étaient accordés aux propriétaires des banques eux-mêmes, ce qu’il a illustré à l’aide de plusieurs exemples. M. Baldursson a conclu en disant que toute cette histoire devait servir d’exemple à l’Islande et au monde entier. «Il ne reste qu’à espérer que les pratiques bancaires et les règlementations changeront».

 

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L’expert juridique Eyvindur Gunnarson a débuté son intervention sur l’environnement juridique des fonds de garantie des dépôts en confiant aux députés du GUE/NGL que, selon lui, «il s’agissait d’un système irréaliste qui devait être repensé», tout en reconnaissant que la tâche serait ardue en raison des principes européens de liberté de circulation et de liberté d’établissement.

 

Il s’est prononcé contre le système de garantie européen, alléguant qu’il comportait trop de risques et que la directive européenne était trop vague et laissait aux États membres le soin de déterminer si ces fonds devaient être publics ou privés. Il s’est également élevé contre la liberté dont bénéficient les banques d’établir des succursales dans d’autres États membres, car aucun contrôle n’est exercé par le pays d’origine sur le système bancaire de l’État.

 

Il a souligné le fossé considérable qui existe entre le droit et la réalité dans l’UE et a affirmé que la directive relative à la garantie des dépôts avait fait l’objet d’une utilisation abusive. M. Gunnarson a appelé à des réformes réglementaires au niveau national plutôt qu’au niveau de l’Union européenne, déclarant que «l’harmonisation est un mythe et qu’elle ne fonctionnera pas» et à une meilleure surveillance, tout en sachant que l’«on a beau bénéficier de la meilleure surveillance au monde, si les banques sont trop grandes pour pouvoir les gérer, il n’y aura que des réformes superficielles, et non les réformes profondes qui sont nécessaires».

 

Il a finalement insisté sur la nécessité de redimensionner les banques devenues trop grandes, de restreindre le déploiement de succursales et d’établir une séparation distincte entre les banques commerciales et les banques d’investissement.

 

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Clôturant la session, l’eurodéputé grec du GUE/NGL Nikos Chountis a déclaré qu’il aurait aimé entendre davantage la voix de représentants islandais. "«Bien avant le Portugal, la Grèce et l’Irlande, l’Islande a été le premier pays à se retrouver au bord de la faillite et de l’effondrement. Lorsque nous évoquons la crise économique, nous oublions qu’il est essentiel d’analyser ce qui s’est passé dans un pays comme l’Islande et d’en tirer des conclusions».

 

Et de poursuivre, «la crise économique est également une crise de la démocratie». Avec cette crise et les solutions qui ont été proposées, «nous avons assisté à une dégradation de la démocratie et à l’effritement des mouvements ouvriers». Expliquant que l’Islande était parvenue à éviter cela, il a insisté sur le fait que «nous devions tirer des leçons de l’exemple islandais et les appliquer dans nos propres pays. Nous devons avant tout garder à l’esprit les intérêts et le bien-être des travailleurs dans nos processus de prise de décision».

 

«La façon dont les choses sont faites aujourd’hui pour aider les pays traversant une crise financière devrait être complètement inversée. Nous devrions échanger le pacte de stabilité contre un pacte pour les travailleurs, modifier le rôle de la Banque centrale européenne et introduire un nouveau modèle pour l’Europe qui ne serait pas basé sur la concurrence mais axé sur la création d’emplois, la protection de l’environnement et l’amélioration des droits des travailleurs.»


Session 3:
Politique de la pêche: pêche et ressources marines

 

Dans son introduction à la troisième et dernière session portant sur la politique de la pêche, Søren Søndergaard (GUE/NGL, Danemark), qui présidait la session, a déclaré que la pêche était «l’activité commerciale absolument dominante en Islande et qu’elle était vitale pour l’économie du pays», tout en soulignant que la discussion du jour «revêtait une importance particulière à la lumière de la révision en cours de la politique commune de la pêche de l’UE».

 

Le ministre islandais de la pêche et de l’agriculture et chef du mouvement gauche-verts, Jon Bjarnason, a examiné la situation actuelle de la pêche en Islande au regard du programme de relance en cours. «Nous savons combien le secteur de la pêche est important pour l’UE et pour ses États membres, mais nous savons également que ce secteur est bien plus important pour nous et pour l’indépendance de notre pays que pour tous les États membres réunis».

 

Il a donné des chiffres pour étayer ses propos. Les pêcheurs islandais pêchent de 1,7 à 2,1 millions de tonnes de poisson par an, ce qui représente 1,5 % des prises mondiales totales et un chiffre d’affaires annuel total de quelque 2 milliards de dollars. L’Islande arrive au 14e rang des plus grandes nations de pêche du monde, ce qui en fait, avec la Norvège, l’un des seuls pays européens à figurer dans le peloton de tête du classement.

 

«Représentant de 40 à 50 % des recettes d’exportation du pays, la pêche durable s’est avérée être le pilier de l’organisation économique et sociale de l’Islande pendant la crise», a-t-il indiqué. Avec une flotte de pêche totale comptant quelque 2 000 navires, la pêche et l’industrie de la pêche ont suscité un «intense débat politique» en Islande depuis que le pays a pris le contrôle de sa zone économique exclusive de 200 milles en 1976.

 

M. Bjarnason a expliqué que l’ensemble du secteur de la pêche faisait actuellement l’objet d’un examen et que la priorité était donnée aux communautés de pêche plus petites et plus éloignées. Le système de quotas en vigueur jusqu’à présent a entraîné une plus grande concentration des entreprises, ce qui s’est traduit par le transfert des quotas des villages et communautés vers les entreprises plus importantes et par le sentiment, pour les petits pêcheurs, d’avoir été lésés. C’est pourquoi le gouvernement s’attaque actuellement à cette injustice en rendant leurs droits aux petits pêcheurs.

 

Il a ensuite rappelé à l’assemblée que, contrairement à ce qui se passe dans les pays de l’UE, le secteur de la pêche islandais ne bénéfice d’aucune aide d’État, les pêcheurs ne disposant donc que de leurs propres ressources. L’accent a également été placé sur la durabilité de la pêche et le rôle majeur joué par l’Institut marin islandais, mais surtout sur la durabilité écologique, environnementale et économique du secteur de la pêche.

 

M. Bjarnason a abordé la question de la demande d’adhésion de l’Islande à l’Union européenne, qui est «très controversée» parmi les responsables politiques, la population et les organisations agricoles et de pêche. «Nous ne voulons pas renoncer au contrôle que nous exerçons sur les océans qui nous entourent. Nous sommes plus aptes à nous en occuper, car nous savons comment les gérer de manière durable et responsable», a-t-il conclu.

 

«Au sein de l’UE, le secteur de la pêche traverse actuellement un moment crucial», a déclaré le député européen GUE/NGL João Ferreira, expliquant que la réforme de la politique commune de la pêche est actuellement en cours de discussion «sur fond de récession économique et de crises sociales profondes dans des pays où le secteur de la pêche joue un rôle important». Et d’ajouter que nous étions en outre confrontés à une crise supplémentaire: celle de la sauvegarde de la pêche et des ressources halieutiques.

 

Il a signalé que le contexte institutionnel de l’UE a été modifié profondément par le traité de Lisbonne, qui donne compétence exclusive à l’Union européenne dans de nombreux domaines. «Cette évolution va à l’encontre de ce que nous considérons important, à savoir l’encouragement de la gestion locale, dans l’intérêt des travailleurs du secteur».

 

Il a ajouté que «les politiques de la pêche devraient avoir pour objectif de garantir l’approvisionnement et d’offrir un environnement et des prix stables pour les pêcheurs locaux. Compte tenu de la diversité des flottes et des poissons pêchés dans l’UE, il devrait être spécifié dans les objectifs que la meilleure gestion est la gestion locale. Le traité de Lisbonne remet en cause ce type de gestion.» Le nouveau système aboutira inévitablement à la concentration des droits de pêche aux mains d’une poignée d’exploitants.

 

La question des rendements et des revenus de la pêche revêt une importance particulière pour les pays en crise. L’un des principaux objectifs de l’organisation commune des marchés, l’un des premiers piliers de la politique de la pêche de l’UE, était d’offrir aux pêcheurs des prix équitables pour les poissons qu’ils ont pêchés. La Commission s’attache désormais à déréguler et à démanteler ce système, ce qui entraîne diminution de la flotte et une réduction des subventions afin de limiter la capacité de pêche au profit des principaux exploitants.

 

M. Ferreira a également souligné la dimension extérieure de la politique de la pêche, à savoir la conclusion d’accords avec d’autres pays, en particulier les pays en voie de développement, portant notamment sur le transfert de fonds destinés à obtenir un accès à des zones de pêche.

 

Au vu de ces éléments, M. Ferreira a déclaré en conclusion que le GUE/NGL s’opposait à la révision actuelle de la PCP et avait présenté des propositions en commission et en plénière pour promouvoir la gestion locale, soutenir le petite pêche, reconnaître le contrôle national sur le secteur, maintenir la zone de 12 milles marins pour la flotte nationale, promouvoir des mécanismes permettant de garantir des prix équitables et créer des mécanismes d’urgence en gardant à l’esprit la crise à laquelle les pêcheurs sont confrontés dans leur communauté.
 

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