Another Europe is possible

Les demandeurs d’asile ne sont pas une préoccupation mais un devoir humanitaire

17/06/2015

Les demandeurs d'asile ne sont pas une préoccupation mais un devoir humanitaire

La  France fut longtemps une terre d'asile, mais qu'en est-il aujourd'hui alors que des milliers de personnes fuient les guerres et les conflits, voire meurent en Méditerranée ?

La France n'est plus que le 5ème pays pour le nombre de demandeurs d'asile accueillis sur son territoire alors qu'elle est le deuxième pays d'Europe pour sa population.

Pire, la France est l'un des rares pays où le nombre de demandes d'asiles reçues a diminué (-5%) en 2014 et c'est aussi une championne en termes d'expulsions de migrants.

Oui, l'Union Européenne mais aussi l'ensemble des pays du pourtour méditerranéen doivent faire face à une crise humanitaire difficile provoquée par les conflits en Libye et au Proche-Orient mais aussi par la dégradation de la situation dans les dictatures de la Corne de l'Afrique (Érythrée et Soudan notamment).

Plus de 4 millions de Syriens se sont réfugiés dans les pays voisins, dont 1,8 million en Turquie. Les réfugiés représentent plus de 20% de la population en Jordanie, 1 million de réfugiés en Tunisie, pays de 10 millions d'habitants.

L'Allemagne et la Suède ont accueilli à elles seules 58% des demandes d'asiles de Syriens (plus de 60.000) contre seulement 6 000 en France, tous statuts confondus.

Alors, non le "plan" de Monsieur Cazeneuve, qui continue de s'opposer aux timides mesures proposées par la Commission Européenne, n'est pas à la hauteur de la situation.

Certes, on peut se féliciter de l'ouverture d'un nombre conséquent de places d'hébergement mais cet "effort" sera compensé par une accélération des expulsions.

De qui ? Des déboutés du droit d'asile ! Quelle que soit leur nationalité ? Y compris les Syriens, les Afghans, les Erythréens, les Somaliens ? Va-t-on les renvoyer entre les mains de leurs tortionnaires ?

Alors certes, on va encore nous dire que "la France n'est pas là pour accueillir toute la misère du monde" mais elle doit y prendre part. La France semble plus prompte à s'engager dans des guerres aux conséquences pour le moins incertaines, ou à vendre des armes à des pays peu respectueux des droits de l'Homme qu'à tendre la main à des hommes, femmes , enfants, qui, après des parcours faits de violences inouïes, arrivent dans notre pays dans des situations de misère épouvantable.

Même un simple geste de solidarité vis-à-vis de la Grèce et de l'Italie, pays de première ligne, fait l'objet de multiples tergiversations et l'on préfère rétablir des contrôles aux faciès à la frontière entre l'Italie et la France aux mépris des règles européennes.

Alors, oui, le débat est difficile en France, délétère, miné par les discours du Front National et d'une partie de la droite dite "républicaine".

Il est temps pour la Patrie des droits de l'Homme de réagir, non par des demi-mesures mais par des actes courageux et réalistes dignes des plus belles pages de son Histoire.

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