Another Europe is possible

Communiqué Marie-Christine Vergiat: la répression anti-Kurdes ne peut plus durer !

15/02/2013

Ce mardi 12 février, la police française a interpellé quinze Kurdes à Bordeaux et Toulouse dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte en mars 2012 et six personnes ont été interpellées simultanément en Espagne. Depuis 2007, ce sont maintenant près de 250 Kurdes qui ont été arrêtés. Ils sont en général relâchés après quelques semaines, voire quelques mois de rétention sans condamnation. Ce n’est guère étonnant car il s’agit pour les gouvernements européens de faire plaisir aux autorités turques. Et ils sont d’autant plus allants en ce domaine qu’ils sont opposés à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne.

Simultanément, des attaques criminelles sont menées depuis plusieurs mois contre les Kurdes en Europe, notamment en France et en Belgique. Le 25 décembre 2012, l'association de Mulhouse de la Fédération des Associations Kurdes en France (FEYKA) a été visée par une tentative d’incendie, avant que celle d’Avignon ne soit incendiée pour de bon le 12 janvier 2013. Le 9 janvier 2013, c’était l’assassinat de trois militantes politiques kurdes en plein centre de Paris. Et le 16 janvier, un attentat à la bombe incendiaire visait l'association kurde de Genk en Belgique) le 16 janvier. La répression anti-kurde entre la Turquie et les pays européens encourage ce type d'attaques. Comment ne pas s’interroger sur le manque de zèle des autorités européennes à retrouver les auteurs de ces crimes.

Alors que le Parlement européen a appelé au cours d'un débat le 6 février 2013 les autorités turques à œuvrer d'une manière plus résolue à la protection de la minorité kurde et de ses droits, et que la Commission européenne a affirmé dans son rapport de suivi 2012 sur la Turquie que "la rhétorique du gouvernement sur une nouvelle stratégie concernant la question kurde n'avait pas débouché sur des progrès vers une solution politique", qu'attendent les gouvernements européens pour cesser de contribuer à la répression d'un peuple qui se bat depuis plus de trente ans pour ses droits politiques et culturels ?

Un peu de cohérence. Assez de répression. La coopération policière ne peut exister qu’entre pays qui pratiquent les mêmes normes en matière de droits de l’Homme. Le parlement français ne doit pas ratifier l’accord Guéant en ce domaine. Et il est grand temps de refuser la conception du terrorisme de la Turquie qui n’a qu’un objet : réprimer un nombre croissant de ses opposants.


Ça suffit.

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