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Arrestation de plus d’une dizaine de députés du HDP: l’UE ne peut plus se taire

07/11/2016

Après l'arrestation de Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag

et de plus d'une dizaine de députés du HDP : l'UE ne peut plus se taire

 

Après l’arrestation de Gültan Kışanak et Firat Anli, les co-maires de Diyarbakir, mardi 25 Octobre dernier, nombreuses étaient les inquiétudes autour des députés du HDP.

 

Cette nuit, comme attendu malheureusement, les forces de polices ont arrêtées une douzaine de parlementaires du HDP, dont les deux co-présidents du parti, Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag et le président du groupe parlementaire, Idris Baluken, au prétexte qu’ils avaient refusé de témoigner dans des dossiers liés à "la propagande terroriste".

 

Alors que leur immunité parlementaire avait été levée collectivement le 8 Juin dernier (donc, avant la tentative de coup d'État), les parlementaires du HDP ont effectivement refusé de se rendre aux convocations qu'ils avaient reçues compte tenu des menaces judiciaires et des risques d’arrestation pesant sur eux.

 

Le siège du HDP a par ailleurs été perquisitionné et le tout a été retransmis en direct sur la chaîne de télévision NTV alors que l’ensemble des réseaux sociaux, voire les connexions Internet, ont par ailleurs été coupées notamment dans  les principales villes de la région kurde de Turquie.

 

Depuis la mi-juillet, alors que tout le monde, en Turquie et ailleurs, a condamné la tentative de coup d'État, les arrestations et les limogeages se comptent par dizaines de milliers, frappant tous azimuts magistrats, journalistes, fonctionnaires, opposants politiques. Les militants kurdes payent un lourd tribut à cette répression aveugle : vingt-quatre co-maires ont déjà été suspendus de leurs fonctions et remplacés par des administrateurs proches du régime turc ; trente-trois autres ont été forcés de démissionner sans parler des arrestations de simples militants, voire sympathisants.

 

La situation dans les prisons est alarmante et les allégations de torture y sont de plus en plus nombreuses rappelant les périodes les plus sombres de l'Histoire de la Turquie.

 

La décapitation du HDP, 3ème force politique du pays, constitue une nouvelle étape dans la volonté de détruire toute opposition démocratique en Turquie.

 

La lutte contre le terrorisme est une nécessité mais nous savons toutes et tous comment elle est instrumentalisée en Turquie ; le Parlement européen et le Conseil de l'Europe l'ont à maintes reprises dénoncé et ce, avant même le 15 juillet.

 

La vague de répression qui s’abat en Turquie est sans précédent parmi les membres du Conseil de l'Europe.

 

La violence appelle la violence et la situation ne peut que dégénérer tout particulièrement dans le Sud Est de la Turquie.

 

Il n'est plus temps de tergiverser, de "manifester ses inquiétudes". Nous savons comment Recep Erdogan peut instrumentaliser les réactions de l'UE, tétanisée par la crainte d'une nouvelle vague de réfugié-e-s en provenance de Turquie.

 

Mais les responsables européens, tant au niveau des institutions européennes que des États membres, ne peuvent plus se taire car, par leur silence, ils laissent la voie libre à la dégénérescence de l’État de droit, abandonnent les progressistes et les démocrates de Turquie qui les appellent à l'aide et se rendent ainsi complices de la situation.

 

Marie-Christine Vergiat

Co-présidente du groupe d’amitié kurde au Parlement Européen

 

 

In the wake of the arrest of Selahattin Demirtaş, Figen Yüksekdag

and more than a dozen members of the HDP party: the EU can no longer remain silent

 

After the arrest of Firat Anli and Gültan Kisanak, co-mayors of Diyarbakir, on Tuesday 25 October, there were many concerns about what would happen to the members of the HDP party.

 

Eventually last night, the police forces arrested a dozen parliamentarians of the HDP, the two co-chairmen of the party, Selahattin Demirtaş and Figen Yüksekdag and the chairman of the parliamentary group, Idris Baluken, pretexting that they had refused to testify on issues related to "terrorist propaganda".

 

While their parliamentary immunity was collectively cancelled on 8 June (ie, before the coup attempt), and considering the legal threats against them, and the probability of their arrests, the HDP party MPs refused to obey the convocation notice they received.

 

The headquarters of the HDP party was searched, the operation broadcasted live on NTV television channel while all social networks or Internet connections were cut, especially in the main cities of the Kurdish region of Turkey.

 

Since mid-July, as everybody in Turkey and elsewhere condemned the coup attempt, arrests and dismissals skyrocketed, hitting all-round judges, journalists, civil servants and political opponents. Kurdish activists pay a heavy tribute for this blind repression, twenty-four co-mayors have been suspended from their duties and replaced by administrators close to the Turkish regime; thirty-three others officials were forced to resign not to mention the arrests of militants or sympathizers.

 

The situation in prisons is alarming and allegations of torture are increasingly numerous, recalling the darkest periods of Turkish history.

The decapitation of the HDP party, the third political force of the country, is another step towards the destruction of democratic opposition in Turkey.

 

The fight against terrorism is a necessity, but we all know how Turkey twists it; the European Parliament and the Council of Europe have repeatedly denounced the situation even before 15 July.

 

The wave of repression in Turkey is unprecedented among the members of the Council of Europe.

 

Violence breeds violence and the situation can only deteriorate especially in the South East of Turkey.

 

The time of simply "express our concerns" has passed. We know how Recep Erdogan can exploit the EU's inaction, paralyzed by fear of a new wave of refugees coming from Turkey.

 

European leaders, both European institutions and Member States, can no longer remain silent. By remaining silent, they leave the door open to the degeneration of the rule of law, they abandon activists and democrats of Turkey who call for help, and they make themselves accomplice of the Turkish state.

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